Il ne faut en aucun cas s’excuser d’être jeune pour se lancer dans l’entrepreneuriat » Rencontre avec Elliot Boucher, co-fondateur d’Edusign


12 janvier 2022

L’habit ne fait pas le moine, mais est-ce que l’âge fait l’entrepreneur ? Et si l’expérience dans le monde salarial n’était pas la clé de voute de l’entrepreneuriat ? Réponses avec Elliot Boucher, un « serial entrepreneur » de 23 ans et co-fondateur d’Edusign.

Pourquoi l’entrepreneuriat séduit-il tant les jeunes diplômés et étudiants ?
Créer une entreprise est toujours un coup du sort. Forcément, si cela était si simple, il y aurait sûrement plus de personnes qui se lanceraient dans l’aventure et il y aurait plus d’entreprises qui fonctionneraient. Par contre, le fait de vouloir entreprendre n’est pas un hasard. Pour ma part, cela fait longtemps que je voulais créer mon entreprise. J’ai commencé à 16 ans à créer des sites, avec cette volonté de pour voir travailler comme je l’entendais. Alors pour moi, ce qui séduit de plus en plus les jeunes, c’est cette liberté. Le choix dans la façon de travailler est beaucoup plus libre qu’en activité salariale. Par ailleurs, je le vois avec l’ensemble de mes amis entrepreneurs, le fruit de notre travail est plus facilement visible.  La possibilité de voir directement l’impact de notre activité sur l’entreprise séduit de plus en plus de jeune, et ce n’est pas quelque chose que l’on retrouve dans un grand groupe par exemple.

En tant que jeune entrepreneur, quels sont les grands défis auxquels il faut se préparer ?
 Pour commencer, je pense qu’il ne faut pas avoir peur de dire que l’on est jeune. On aurait tendance à penser que c’est un frein alors que non. Après, bien évidemment, cela dépend des secteurs, mais cela peut-être justement être perçu comme une force : on montre que l’on est innovant, moderne et dynamique, ce qui est un vrai point fort dans un secteur comme l’entrepreneuriat. Il ne faut en aucun cas s’excuser d’être jeune pour se lancer dans l’entrepreneuriat.

Ensuite, l’un des plus grands défis au lancement de sa start-up, c’est la peur de parler de son idée. C’est l’un des plus grands pièges dans les débuts car on a tendance à garder pour soi son idée alors qu’il est fondamental d’en discuter autour de nous pour connaitre des points de vue divergents pour être sûr de ne pas faire fausse route.

Il y a également les problématiques liées au financement. Bien évidemment, chaque entrepreneur est confronté à ces problématiques, mais elles peuvent être un véritable frein pour des jeunes diplômés qui manquent de ressources financières.

La crise sanitaire est-elle la raison de cette explosion de création d’entreprises ? Pourquoi ?
Je suis assez convaincu que la crise sanitaire a eu un véritable impact sur cette explosion dans la création d’entreprises. Première raison : le temps. En effet, cette période a permis aux gens d’avoir plus de temps à consacrer à leurs projets personnels, pouvant même en pousser certains à se lancer dans l’aventure entrepreneuriale.

Deuxième raison : les opportunités. Malgré la crise économique et sanitaire et l’obligation pour certaines entreprises de mettre la clé sous la porte, Il y a un champ des possibles incroyable qui s’est ouvert aux entrepreneurs, grâce notamment à de tout nouveau besoin et de nouvelles pratiques qui ont émergées.

Est-ce que l’intrapreneuriat peut-être une solution de choix pour les jeunes diplômés ?
Pour ma part, je n’ai jamais expérimenté l’intrapreneuriat alors je ne suis certainement pas la meilleure personne pour en parler. En revanche, je pense que ce n’est pas l’idéal de créer son entreprise dans le cadre salarial. Il est assez simple pour la plupart des gens de trouver du temps, ne serait-ce que quelques heures par semaine pour lancer son entreprise (les premiers clients, les premiers prototypes…) et ce surtout depuis cette crise sanitaire avec la mise en place du télétravail renforcé.

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