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Dans le Nord, le RSA n'est plus donné comme ça




Le département baisse, voire suspend, le versement de l'aide à des allocataires pas en règle avec Pôle emploi. Les sanctions sont tombées. Le département du Nord avait fait l'an dernier l'inventaire des allocataires du revenu de solidarité active (RSA) pour traquer ceux qui n'étaient pas inscrits à Pôle emploi ou en voie de réinsertion. Et promis de frapper au porte-monnaie si nécessaire. Résultat : 7 500 allocataires ont vu leur RSA amputé de 100 €. Pour 450 autres, qui n'ont pas répondu aux lettres de relance, l'allocation a été suspendue pour quatre mois. Le Nord, premier département en nombre d'allocataires du RSA (115 000 bénéficiaires) a identifié 45 000 personnes qui touchent l'allocation sans être en règle. Pour Jean-René Lecerf, patron (LR) du département, l'opération est « une question de vie ou de mort », destinée à rendre de l'oxygène à un département au bord de l'asphyxie. Mais d'autres hurlent au scandale. « L'idée, c'est de désigner à l'opinion des gens qui seraient des profiteurs... Mais comment vivre avec 400 € ? » s'insurge Serge Havet, président de l'association AC ! Métropole-Agir ensemble contre le chômage. Au Faubourg de Béthune, une cité populaire au sud de Lille où l'association a ses bureaux, 40 % des habitants sont en situation de précarité et 80 % n'ont ni diplôme ni qualification. « Des profiteurs ? La plupart sont obligés de s'en remettre à la Banque alimentaire ou aux Restos du cœur. » L'association s'apprête à attaquer la politique départementale « devant le tribunal administratif, puis devant la Cour de justice de l'Union européenne s'il le faut ». D'autres départements concernés Mais le département avait-il d'autre choix ? Car le Nord (comme le Pas-de-Calais, la Seine-Saint-Denis... ) est pris à la gorge. Les départements, qui financent le RSA depuis 2004, ont pris de plein fouet l'augmentation du nombre d'allocataires. Dans le même temps, l'Etat a diminué ses aides aux collectivités. Rigueur et sanctions sont pour certains la seule voie. Le Nord s'y essaie, comme d'autres — brigade antifraude au RSA dans la Somme, contrôle des relevés bancaires des allocataires dans l'Eure et le Haut-Rhin, etc. —, conscient que le combat peut faire polémique. Et déraper. Cet automne, le tribunal administratif de Strasbourg a annulé une délibération du conseil départemental du Haut-Rhin qui voulait assujettir le versement du RSA à des heures de travail bénévoles.


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